Admettre (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Mettre ). XII e siècle, ametre, « mettre à charge, imputer ». Emprunté du latin admittere, « laisser venir vers ; permettre l'accès », d'où « permettre, laisser faire ».

I. Accepter de recevoir. Admettre quelqu'un dans un lieu, dans un groupe. Admettre quelqu'un à sa table. Admettre un malade à l'hôpital, dans une clinique, l'y accueillir. Admettre dans une société savante, dans un parti. Admettre au nombre de ses amis. Admettre un État dans une fédération, dans une organisation internationale. Les chiens ne sont pas admis dans les magasins d'alimentation. Spécialt. Admettre un candidat à un examen ou à un concours, le déclarer reçu. Admettre un élève dans une classe ou dans une école. Le jury a admis fort peu de candidats. Elle a été admise avec la mention bien. Il a été admis à titre étranger. Subst. Un admis. Afficher la liste des admis. Par ext. Pouvoir contenir. Cette salle n'admet que deux cents spectateurs. Permettre le passage de. Cette voie n'admet pas les véhicules d'une largeur excessive.

II. Autoriser. Être admis à faire valoir ses droits à la retraite. Admettre un étudiant à suivre les cours en auditeur libre. Elle n'a pas été admise à se présenter à ce concours. Admettre quelqu'un à se justifier, l'autoriser à exposer ses arguments pour sa défense. . Admettre quelqu'un à faire preuve, à la preuve.

III. Reconnaître comme acceptable.
1. À titre de vérité d'évidence, en s'inclinant devant la raison, l'expérience, le bon sens. Admettre une thèse. Admettre pour vrai. Admettre l'exactitude d'une théorie, le bien-fondé d'un point de vue, la valeur d'un raisonnement. C'est une vérité communément admise. Spécialt. Concéder. J'admets que j'ai commis une erreur. Il admet s'être trompé.
2. À titre de croyance. Admettre un dogme, un article de foi.
3. À titre de simple hypothèse ; sous réserve d'examen, ou à titre de concession, par esprit de conciliation. Admettons un instant que les animaux ne soient que des machines. J'admets que vous ayez vos raisons. Admettons ! formule d'assentiment teintée de scepticisme (on dit aussi, fam., Mettons ! ).
4. . Prendre en considération. Admettre une requête. Admettre un pourvoi, le déclarer recevable.

IV. Permettre, tolérer, souffrir. On ne peut une telle négligence. Il n'admet pas de s'être si gravement trompé, il ne se le pardonne pas. Elle n'a pas admis son échec. Je n'admets pas que vous me parliez sur ce ton. Admettre une tenue, un comportement. Cette règle n'admet aucune exception. Ce mot admet plusieurs sens.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

( Il se conjugue comme METTRE.) Recevoir par choix, faveur ou condescendance. "Admettre aux ordres sacrés. Admettre quelqu'un dans une société, dans une compagnie, à sa table. Admettre quelqu'un au nombre de ses amis. Admettre à la communion de l'Église. Admettre à la participation des sacrements. Il fut admis à l'audience du Prince."
"Admettre quelqu'un à se justifier," Permettre qu'il expose ce qui peut le justifier, consentir qu'il se justifie dans les formes. On dit aussi, en termes de Palais, "Admettre quelqu'un à faire preuve, Admettre à la preuve."
"Admettre quelqu'un à faire valoir ses droits à une pension de retraite."
"Admettre les raisons, les excuses de quelqu'un," Les recevoir pour bonnes, pour valables. On dit dans le même sens "Admettre une requête."
Il signifie aussi Reconnaître pour véritable. "Les philosophes admettent pour principe que... Les philosophes n'admettent plus les qualités" "occultes. C'est un fait que je n'admets pas, que je ne puis ."
ADMETTRE se dit encore figurément e parlant des Choses. "Cette affaire n'admet point de retard," Ne doit souffrir aucun retard. "Cette substance admet dans sa composition tel élément," Il entre tel élément dans sa composition.
Le ADMIS se dit particulièrement comme adjectif ou comme nom des Candidats qui, ayant subi avec succès jusqu'à la fin toutes les épreuves d'un concours, obtiennent le diplôme, entrent à l'école ou parviennent à la fonction qui se recrute ainsi. "Il n'y a eu que trois élèves admis sur dix. La liste des admis est affichée."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   V. a. Laisser entrer, recevoir. Admettre dans sa maison. J'entends qu'on n'admette personne chez moi. Il ne m'admit pas en sa présence. Refuser d' un suppliant. On l'admit à l'audience du pape. Ils furent admis au pied du trône. Être admis devant quelqu'un.
FÉN.: « Caron admet dans sa barque le jeune Grec »
MOL.: « En vous le produisant, je ne crains pas le blâme D'avoir admis chez vous un profane, madame »
VOLT.: « C'est ainsi qu'elle parle, et j'ai dû lui promettre Qu'à vos pieds en ces lieux vous daigneriez l'admettre »
VOLT.: « Respectant ce vieillard qui daigne ici t'admettre »
VOLT.: « .... devant moi je veux qu'il soit admis »

 2   Fig. Admettre quelqu'un parmi ses amis. Ceux que l'Église admettait au nombre des siens. Les plébéiens furent admis aux honneurs. Il admet dans sa confiance ceux qui.... On ne doit dans cette école que les jeunes gens qui.... Il fut admis dans l'amitié de ce grand homme. Ils l'admettaient dans tous leurs conseils. Il déclara qu'il n'admettrait personne à partager le prix de la victoire.
FÉN.: « Idoménée régla sa table, où il n'admit que du pain excellent, du vin du pays.... »
BOURD.: « L' dans sa confidence et dans sa plus entière familiarité »
BOURD.: « Dans un désir ardent d'être admise à la béatitude céleste »
RAC.: « Rome.... N'admet avec son sang aucun sang étranger »
VOLT.: « Admettons-nous quelque autre à cet honneur suprême ? »
VOLT.: « Digne, un jour, d'être admis parmi nos citoyens »
LA BRUY.: « On le leur amène, cet homme propre à parer les avenues d'une foire, et à être montré en chambre pour de l'argent ; ils l'admettent dans leur familiarité »

 3   Admettre à, permettre de. Il fut admis à défendre son projet. Admettre quelqu'un à se justifier.
ROTROU: « Admettez l'innocence à réprimer l'outrage »
CHATEAUB.: « Il n'y avait point d'homme si souille que la religion du Christ n'admît à repentir »

 4   Reconnaître pour véritable. Admettre un privilége. Les épicuriens admettaient des dieux oisifs. Les astronomes admettent la gravitation pour cause du mouvement des corps célestes. Tout le monde admet aujourd'hui que le soleil est au centre du monde.
VOLT.: « .... Mon coeur, qui s'ignore, Peut-il un Dieu que mon amant abhorre ? »
LA BRUY.: « L'esprit docile admet la vraie religion, et l'esprit faible ou n'en admet aucune ou en admet une fausse »
LA BRUY.: « Admettre les pensées creuses, écartées des notions communes, ou tout au plus les subtiles et les ingénieuses »
ID.: « ...ou, comme vous parlez quelquefois, les merveilles du hasard que vous admettez seul pour cause première de toutes choses »
LA BRUY.: « Les tous [les récits de magie] ou les nier tous, paraît un égal inconvénient »

 5   Tenir pour bon, agréer pour valable. J'admets vos raisons. Ses excuses furent admises. L'action judiciaire ne fut pas admise.
BOILEAU: « Mon esprit n'admet point un pompeux solécisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux barbarisme »

 6   Supposer. Admettre qu'il en soit ainsi. Admettons qu'il y ait des auspices. J'admets qu'il y ait six mille graines semées qui meurent.

 7   En parlant des choses, comporter, souffrir. Cette affaire n'admet point de retard. L'adverbe admet le comparatif.
CORN.: « Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur »
RAC.: « L'hymen chez les Romains n'admet qu'une Romaine »

REMARQUE
    1. On dit à quand la chose où l'on admet ne se présente pas facilement à l'esprit comme un lieu : Admettre aux honneurs, au consulat ; au nombre. Avec un infinitif, c'est toujours à : On l'admit à siéger. Admettre dans, quand la chose où l'on admet peut se présenter comme un lieu : Admettre dans un séjour, dans la familiarité ; mais même alors la préposition à n'est pas exclue : Admettre à sa familiarité. Admettre parmi, entre, quand une idée de nombre se présente à l'esprit : On les admit parmi les privilégiés.
    2. Admettre que, au sens de reconnaître pour vrai, veut l'indicatif, s'il n'y a pas de négation ; et, s'il y en a, le subjonctif : j'admets qu'il en est ainsi ; je n'admets pas qu'il en soit ainsi. Au sens de supposer, il veut toujours le subjonctif : admettant que cela soit vrai.

SYNONYME
    ADMETTRE, RECEVOIR. C'est donner entrée ou accès. La différence est que celui qui admet prend une détermination qui lui est propre, et que celui qui reçoit consent à ce qui lui est proposé. On admet quelqu'un qu'on désire, qu'on trouve digne, etc. On reçoit celui qui est présenté. On admet une vérité qu'on a examinée. On reçoit une opinion sur parole, par tradition.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
MONT.: « Le nid ne peult recevoir ny que l'oyseau qui l'a basti »
AMYOT: « Le peuple ne voulut point ny recevoir son excuse »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. Amettre et ; espagn, admitir ; portug. admittir ; ital. ammittere ; de admittere, de ad, à (voy. à), et mittere, envoyer (voy. METTRE). On voit que l'espagnol et le portugais ont changé la conjugaison, et supposent une forme bas-latin admittire.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Il se conjugue comme "Mettre.") Recevoir une personne à la participation de quelque avantage. "Admettre quelqu'un dans une société, dans une compagnie, à sa table. Admettre quelqu'un au rang, au nombre de ses amis. Admettre aux ordres sacrés. Admettre à la sainte table. Admettre à la communion de l'Église. Admettre aux sacrements, à la participation des sacrements. Il fut admis à l'audience du prince."
"Admettre quelqu'un à se justifier," Permettre qu'il expose ce qui peut le justifier, consentir qu'il se justifie dans les formes. On a dit de même, "Admettre quelqu'un à ses preuves justificatives, à ses faits justificatifs." On dit aussi, dans le même sens, "Admettre quelqu'un à faire preuve," et mieux "à prouver."
"Admettre les raisons, les excuses de quelqu'un," Les recevoir pour bonnes, pour valables. On dit à peu près dans le même sens, "Admettre une requête."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit quelquefois figurément, en parlant Des choses. "Cette affaire n'admet point de retard," Ne doit souffrir aucun retard. "Cette substance admet dans sa composition tel élément," Il entre tel élément dans sa composition.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


(Il se conjugue comme "Mettre".) Recevoir à la participation de quelque avantage. "Admettre quelqu'un dans une Société, dans une Compagnie, à sa table. Admettre quelqu'un au rang, au nombre de ses amis. Admettre aux Ordres sacrés. Admettre à la sainte Table. Admettre à la Communion de l'Église. Admettre aux Sacremens, à la participation des Sacremens".
On dit, "Admettre quelqu'un à se justifier, l' à ses preuves justificatives, à ses faits justificatifs," pour, Le recevoir à sa justification, consentir qu'il se justifie dans les formes.
On dit dans le même sens, "Admettre quelqu'un à faire preuve".
On dit aussi, "Admettre les raisons, les excuses de quelqu'un," pour, Les recevoir pour bonnes, pour valables. "Admettre une requête".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Admettre, signifie aussi, Reconnoître pour véritable. "Les Philosophes admettent pour principe, que .... Les Philosophes n'admettent plus les qualités occultes. Vous admettez que" ....



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


(Il se conjugue comme "Mettre.") Recevoir à la participation de quelque avantage. "Admettre quelqu'un dans une Société, dans une Compagnie. Admettre quelqu'un au rang, au nombre de ses amis. Admettre aux Ordres sacrés. Admettre à la sainte Table. Admettre à la Communion de l'Eglise. Admettre aux Sacremens, à la participation des Sacremens."
On dit, "Admettre quelqu'un à se justifier, l' à sa justification, à ses preuves justificatives, à ses faits justificatifs," pour dire, Le recevoir à sa justification, consentir qu'il se justifie dans les formes.
On dit dans le même sens, "Admettre quelqu'un à faire preuve."
On dit aussi, "Admettre les raisons, les excuses de quelqu'un," pour dire, Les recevoir pour bonnes, pour valables.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Signifie aussi, Reconnoître pour véritable. "Les Philosophes admettent pour principe, que... Les Philosophes n'admettent plus les qualités occultes. Vous admettez que..."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Admètre", 2e"è" moy. et bref, 3e "e" muet; il se conjugue comme "mettre".] 1°. Recevoir à la participation de quelqu'avantage. Il régit l'accusatif de la pers. et la prép. "à", ou "parmi" de la chôse, ou "dans", etc. 'Il l'"a admis à" l'audience, "dans" leur société, "parmi" ses amis. "Admettre à" la Communion, aux Sacremens, etc.
- Il régit aussi "à" devant les verbes; on "l'a admis", ou il "a été admis à se justifier; à faire" preuve.
- 2°. Recevoir pour bon, reconoître pour véritable; il "a admis ses" excuses, "ses" raisons; pourquoi n'"admettez-vous" pas "ce" raisonement si clair, si solide? Pourquoi refusez-vous "d' un" compte si juste?



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Recevoir à la participation de quelque avantage. "Admettre quelqu'un dans une societé, dans une Compagnie, quelqu'un au rang, au nombre de ses amis. il a esté admis au Barreau. aux Ordres sacrez. à la sainte Table. à la participation des Sacrements".
On dit, "Admettre quelqu'un à se justifier, l'admettre à sa justification, à ses preuves justificatives, à ses faits justificatifs," pour dire, Le recevoir à sa justification, consentir qu'il se justifie dans les formes.
On dit aussi dans le mesme sens, "Admettre quelqu'un à faire preuve".
On dit aussi, "Admettre les raisons, les excuses de quelqu'un," pour dire, Les recevoir pour bonnes, pour valables.
Il signifie aussi, Reconnoistre pour veritable. "Les Philosophes admettent pour principe que ... les Lutheriens mesine admettent la presence réelle de nostre Seigneur dans l'Eucharistie. vous admettez que"...




Emplacement dans le dictionnaire :

adjonction
adjudant
adjudicataire
adjudicateur
adjudication
adjuger
adjuration
adjurer
adjuvant

adminicule
administrateur
administratif
administration
administrativement
administré
administrer
admirable
admirablement
admirateur
admiratif




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...jour où commence pour elles une nouvelle décadence. Une institution aussi persistante ne saurait dépendre d'une particularité contingente et accidentelle ; encore bien moins est-il possible d'admettre qu'elle ait été le produit de je ne sais quelle aberration collective. Si depuis les origines de la cité jusqu'à l'apogée de l'empire, depuis l'aube des sociétés chrétiennes jusqu'aux temps...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...sans danger ; car il porte, non sur la réalité morale, qui n'est pas en question, mais sur l'explication qu'en donne une réflexion incompétente et mal informée. Nous devons prendre sur nous de n'admettre aucune explication qui ne repose sur des preuves authentiques. On jugera les procédés que nous avons employés pour donner à nos démonstrations le plus de rigueur possible. Pour soumettre à la...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...morales, c'est-à-dire diffuses, sont moins intenses et moins solidement organisés que ceux que protègent des peines proprement dites, cependant il y a des exceptions. Ainsi, il n'y a aucune raison d'admettre que la piété filiale moyenne ou même les formes élémentaires de la compassion pour les misères les plus apparentes soient aujourd'hui des sentiments plus superficiels que le respect de la...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...de certains autres. Aussi tous les actes que nous venons de citer présentent-ils ce caractère commun qu'ils sont dirigés contre quelqu'un des organes directeurs de la vie sociale. Faut-il donc admettre qu'il y a deux genres de crimes relevant de deux causes différentes ? On ne saurait s'arrêter à une telle hypothèse. Quelque nombreuses qu'en soient les variétés, le crime est partout le même...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...des sanctions, et il ne nous semble pas qu'il soit possible d'en prendre une autre si l'on veut procéder scientifiquement. De plus, pour séparer complètement ces deux sortes de droit, il faudrait admettre qu'il y a vraiment un droit privé, et nous croyons que tout droit est public, parce que tout droit est social. Toutes les fonctions de la société sont sociales, comme toutes les fonctions de...


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